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pictoLa thérapie par cellule souche pour les animaux

12/10/2017

« Des cellules souches pour soigner l'arthrose de son chien et de son cheval : plusieurs petites entreprises françaises parient sur le développement de la thérapie cellulaire pour les animaux, surfant sur les progrès de la recherche médicale humaine.


Près de 1.500 animaux, chevaux et chiens principalement, ont déjà été soignés de cette manière en France, selon les trois principales jeunes pousses actives sur ce marché. Celui-ci est désormais prêt à décoller, estiment ces entreprises qui comptent pour l'instant moins d'une poignée de salariés, mais sont en train de lever des fonds pour faire entrer la production à l'échelle industrielle et faire baisser les coûts. "Maintenant, on sait que le marché existe", explique à l'AFP Hervé Barbeau, de Normandy Biotech, une des trois jeunes pousses françaises actives sur le marché. Désormais, "il faut grossir pour proposer des prix abordables". "Le marché est en forte croissance, avec de plus en plus de demande et une offre qui se diversifie", affirme Thibault Lataillade, qui dirige StemT, une autre de ces jeunes pousses.


La thérapie cellulaire consiste à injecter chez le malade des cellules vivantes pour restaurer l'activité d'un tissu ou d'un organe, grâce à leur propriétés anti-inflamatoires et régénératives. Les cellules souches sont prélevées par le vétérinaire dans l'animal malade lui-même (dans le tissu adipeux, les muqueuses de la bouche, la moelle osseuse), puis mises en culture en laboratoire pour être multipliées, avant d'être ré-injectées. Il est aussi possible d'injecter à un animal des cellules souches provenant d'un autre animal, notamment des cellules prélevées dans des cordons ombilicaux. Chez le chien et le cheval, les cellules souches permettent notamment de soigner l'arthrose, grâce à leurs propriétés anti-inflamatoires et régénératives du cartilage malade. 

 

 Pour le moment, il en coûte au minimum entre 500 et 1.000 euros minimum pour faire soigner son chien, selon les trois jeunes pousses interrogées par l'AFP. Et l'opération doit souvent être recommencée au bout d'un an, d'où l'importance d'arriver à faire baisser les coûts. Un traitement "à 150 euros" deviendra intéressant pour beaucoup de propriétaire de chiens, dans la mesure où le propriétaire n'aura plus à financer d'autres dépenses de soin comme les anti-inflamatoires, explique Thibault Lataillade. Les traitements de cellule souche peuvent "devenir un produit d'usage courant", explique-t-il. Le marché de l'arthrose canine est l'un des plus prometteurs, 20% environ des chiens adultes - hors chiens âgés - souffrant de cette maladie. Mais la thérapie cellulaire offre des perspectives intéressantes pour bien d'autres pathologies, estiment les jeunes pousses. "Toutes les pathologies à composante inflammatoire et dégénératives" peuvent potentiellement bénéficier d'un traitement à base de cellules souches, estime Hervé Lebeau.

 

  • Levées de fonds 

 

 

Stem T a ainsi commencé à soigner la stomatite caudale du chat, qui dégrade la bouche de l'animal et peut mener à l'euthanasie. La société a aussi testé le traitement sur la maladie inflammatoire chronique de l'intestin du chien - l'équivalent de la maladie de Crohn pour les humains. Les trois start-up, qui emploient chacune pour l'instant moins d'une poignée de salariés sont en phase de levée de fonds auprès d'investisseurs. Vetbiobank, une jeune pousse lyonnaise, vient de signer un accord de partenariat industriel avec un des grands laboratoire de la pharmacie animale pour développer sa production. L'entreprise qui a levé 1,1 millions d'euros jusqu'à maintenant prévoit de récolter 4 à 5 millions d'euros supplémentaires en 2018. Elle vise à l'horizon 2026 un chiffre d'affaire de 30 millions d'euros sur le marché de l'arthrose canine, soit 20% du marché européen.

 

Sur le marché européen, deux autres jeunes pousses belges Revatis et Fat Stem sont également implantées. Aux Etats-Unis, plusieurs milliers de chiens sont déjà traités chaque année avec cette technique, selon Hervé Lebeau. La technique est également utilisée depuis longtemps pour les chevaux au Royaume-Uni. Pour les humains, l'utilisation de cellules souche fait l'objet de nombreux programmes d'essai sur des malades, pour soigner des pathologies variées. Mais en Europe, les autorisations de mise sur le marché pour une utilisation à grande échelle sont encore rares ».

 

Source : AFP

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